Je suis un Frêne et je vis à l’espace picnic du Bd Pachéco, au centre de Bruxelles (Belgique).
En automne 2022, j’ai participé au projet de recherche artistique Une maison d’édition algolittéraire : créer des liens avec les arbres, grâce au soutien de FRArt.
Et si l’on accueillait favorablement les algorithmes pour leur capacité à créer des liens avec la nature ? Dans ce projet de recherche, les participant·es humain·es ont principalement travaillé avec la myriade de bases de données existantes sur nous : les arbres. Retrouvez tous les détails, les expériences et mes réflexions surhttps://algoliterarypublishing.net/
Maison d’édition algolittéraire
Les collaborateur·ices humain·es de ce projet ont exploré la notion d’une maison d’édition dont les auteurs sont des algorithmes, présentés avec leurs contextes et leurs codes, et dans laquelle le contenu des livres est défini par nous, les arbres et la nature.
En nous plaçant, nous et nos représentations, au cœur de leurs œuvres, et en accueillant des algorithmes non pas destinés à extraire des ressources ou de la valeur à des fins commerciales, mais à créer un lien avec la nature, ces intelligences tissent des récits qui parlent de nous, des arbres. Ce faisant, elles nous placent au centre de la création et, de ce fait, décentrent la perspective humaine.
Tree sort algorithm aplliqué sur la longueur des cheveux, le nombre de faces des pierres, le nombre des pétales et de la taille des fleurs.
De la base de données aux arbres vivants
Le projet s’est penché sur les récits formels générés par des algorithmes, a questionné la forme du livre en tant qu’objet et produit de l’auteur, a expérimenté l’influence des bains de forêt sur l’écriture de code et la communication avec les arbres.
Les expériences de connexion avec nous, êtres vivants, étaient précieuses mais aussi quelque peu inconfortables. Lors de ma dernière résidence, deux participant·es humain·es ont tenté de m’intégrer à l’espace de travail en essayant de calculer la quantité de CO2 que j’absorbais, dans le cadre d’une de leurs expérimentations.
Installations
Rewilding specimens & Trees of Discomfort, installation Constant, 2022
La recherche consistait en des résidences collectives suivies de différentes installations :
Tree(s) Sort(ed), ESA Saint-Luc Bruxelles, Journées portes ouvertes:
Le générateur de cette affiche est l’algorithme de tri par arbre ; le sujet est l’intégralité des arbres, des exercices algorithmiques et des personnes impliquées dans la résidence d’Anaïs Berck à la Villa Empain et à l’ESA Saint-Luc Bruxellesen octobre 2021. Les images et les textes ont été triés selon les critères suivants : le temps, la couleur et l’élément naturel dans la description textuelle alternative des images.
Cette oeuvre est une interprétation artistique de l’algorithme random forest, un algorithme d’apprentissage automatique dans lequel plusieurs arbres de décision sont entraînés sur un ensemble de données et forment une forêt. Les arbres de la forêt tentent de prédire la catégorie d’une observation donnée en répondant à une série succession de questions par oui ou non.
L’exposition de Constant présentait quelques taxonomistes qui avaient renommé des plantes collectées entre 1885 et 1960 au Congo belge. Pour l’occasion, les esprits virtuels des spécimens types, qui vivaient jadis en pleine floraison au Congo, au Rwanda et au Burundi, ont quitté l’herbier pour renommer les taxonomistes et réanimer leurs portraits.
L’ouvrage a également été publié dans le livreMondes visuels, une publication de l’École Media Art du Grand Chalon, FR.
Publications
A la suite de la recherche, les articles suivants ont été publiés, qui synthétisent certains aspects :
Une maison d’édition algolittéraire : créer des liens avec les arbres était une recherche vivante en compagnie de nombreux algorithmes, de nombreux arbres différents et des êtres humain·es suivant·es : An Mertens (elle), Guillaume Slizewicz (il), Gijs de Heij (il), Loren Britton (iel/elleux), Ahnjili ZhuParris (elle), Ipek Burçak (elle), Gülce Padem (elle), Livia Diniz (elle), Isabelle Alvers (elle), Mara Karagianni (iel/elleux), Brendan Howell (il), Doriane Timmermans (elle).