Respirer
Filtre à particule Para PM sur le parvis du Village Olympique, Photographie de la SOLIDEO, publiée sur Linkedin par la SOLIDEO en janvier 2023
Une école de pleine air transformée en Musée Mémorial du Terrorisme à Suresnes d’une part, un échangeur autoroutier construit autour d’un groupe scolaire à Saint Denis de l’autre : deux enquêtes au sujet de deux processus de transformation qui, de premier abord, ne présentent aucun lien tangible. Et pourtant…
L’enquête commence sur le Mont Valérien à Suresnes. Sur cette colline située à l’Ouest de Paris, se trouve un bâtiment décati dont les façades incrustées de galets sont recouvertes de filets afin de protéger les passants de la potentielle chute de ce parement. A l’entrée du bâtiment, face à la loge du gardien, une immense mappemonde en béton présentant le monde tout en relief. En jetant un coup d’œil à travers le grillage on aperçoit des petits pavillons au cœur d’un jardin arboré. Devant l’entrée une pancarte sur laquelle on peut lire : « Ecole de Plein Air, 1935, Architectes : Beaudouin et Lods ». En 2013 une consultation sur la valorisation du site de l’école de plein air a été lancée, menée par l’EPAURIF (l’Etablissement Public d’Aménagement Universitaire d’Ile-de-France) et l’IAU (l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Ile-de-France). Les résultats, publiés en octobre 2014 et intitulés « Prospective sur la valorisation du site de l’Ecole de Plein Air à Suresnes», présentaient un diagnostic multithématique à différentes échelles et l’approfondissement de quatre scenarii de transformations mais ces études sont restées au stade théorique.
En 2021, pour faire suite au déménagement de l’INSHEA à Saint-Germain-en-Laye, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la transformation de l’école de plein air de Suresnes en Musée Mémorial du terrorisme, d’ici 2027, un lieu pour « rendre hommage aux victimes du terrorisme à l’échelle de la France et du monde, tourné vers la connaissance et la pédagogie ».
Le 10 octobre 2023, un article dans Le Parisien fait état de la réaction du maire de Suresnes Guillaume Boudy : prévenu la veille de l’annonce d’Emmanuel Macron de la transformation de l’école en musée mémorial du terrorisme, lui voyait un autre avenir pour cette école, notamment sa transformation en établissement scolaire pour accueillir les élèves du collège Emile Zola situé à 700 mètres, qui accueille depuis 15 ans les collégiens dans des préfabriqués et dans des locaux vieux et inadaptés.
Au même moment, un article publié dans le Bondy Blog, sous le titre « JO 2024 : à Saint-Denis, les intérêts financiers avant la santé des enfants » évoque la construction de l’échangeur Pleyel à St Denis construit dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024 afin de relier l’A86 et l’A1 et dont une des bretelles d’insertion encerclera le groupe scolaire Anatole France situé le long du périphérique.
L’article met en lumière le combat des parents d’élèves qui se battent depuis 2017 contre ce projet qui « dans son format actuel, mettra en danger la sécurité de nos enfants ». Le flux ininterrompu de véhicules devant l’école représente, en effet, un grave risque sanitaire pour les enfants de ce groupe scolaire, cité comme un exemple « d’injustice sociale relative à l’exposition à la pollution de l’air » dans un rapport publié par l’UNICEF et Réseau Action Climat en octobre 2021.