Antoon Van Dyck

Antoon Van Dyck, Catalogue raisonnée des tableaux du musée du Louvre a été publié en 2023 par le musée du Louvre. Il s’agit du premier livre multiformat du musée, qui a été diffusé dans quatre formats différents : papier, en ligne (site), livre numérique (Epub) et PDF. Tous les formats numériques sont disponibles gratuitement. 

En élaborant un livre dans des formats numériques adaptés au catalogue des peintures d’Antoon Van Dyck, le musée du Louvre s’engage : il affirme sa volonté de donner un accès gratuit, illimité et immédiat aux publications de la recherche scientifique menée en son sein, tout en affrontant le défi de la dématérialisation du livre d’art.1

Le musée du Louvre s’est attaché à produire un livre qui, dans tous ses formats, soit élégant et édité avec soin, afin d’offrir aux peintures de Van Dyck et aux textes de Blaise Ducos toute la qualité et la sensibilité attachées aux livres d’art.  

L’ensemble de ces formats lui garantissent maniabilité, pérennité, citabilité. Le livre est rattaché au nom de domaine du musée et des liens renvoient vers le site des Collections du Louvre ce qui lui permet une identification claire et une intégration à l’écosystème numérique du musée. 

Le catalogue repose sur les normes FRBR, qui distinguent l’œuvre, son expression, ses manifestations et ses exemplaires2, lui assurant ainsi son bon référencement et sa présence dans les catalogues de librairies et de bibliothèques.

La réalisation du projet a été confié à C&F éditions avec Nicolas Taffin pour l’encadrement du projet et le suivi éditorial, Julien Taquet pour le développement et Agathe Baez pour la conception graphique. 

Le projet a vu le jour suite à une discussion entre les acteurs du musée et la direction interministérielle de Numérique qui les a amenés vers le cadre juridique du « marché innovant » pérennisé en 2021 et qui permet de notifier un marché. 

Le travail a concrètement démarré en février 2022 et le livre a été publié en mai 2023, ce délai incluant les trois à quatre mois que nous avons dû consacrer aux procédures juridiques qui ont été nécessaires pour la mise en place d’un appel d’offre séparé pour les prestations d’impression à la demande, référencement et distribution. Le coût total du développement numérique s’est élevé à 47 000 euros. Il comprend le développement de toute la chaîne éditoriale, la conception graphique et la mise en page, ou intégration, de tous les contenus dans tous les formats du livre : web, PDF, EPUB.3

Du côté de la chaîne éditoriale, la question de la plateforme OpenEdition s’est posée. Cependant cette dernière est conçue pour les publications scientifiques faisant ainsi de l’article son format de référence. De plus, dans un livre d’histoire de l’art les images sont des objets d’études à part entière et n’ont pas vocation illustrative.

La chaîne de publication a été faite sur mesure et permet de transformer des fichiers Word balisés en fichiers texte Markdown enrichi partageables via Git. L’iconographie est gérée via YAML. Le tout est transformé avec Flax, Paged.js et du CSS, en versions papier, PDF ou web. Un rendu HTML intermédiaire simule l’apparence du PDF, permettant des ajustements précis avant production. Le processus suit une logique séquentielle et itérative, séparant contenu et forme sans négliger cette dernière. Le design web reprend fidèlement les codes du livre imprimé : couverture, sommaire, doubles pages, typographie. L’interface favorise une navigation intuitive et respecte les intentions éditoriales.

Le catalogue a été conçu en single source publishing, qui permet de produire plusieurs formats (PDF numérique, EPUB, Édition imprimée, site web) à partir d’un seul fichier source, même si chaque support demande des adaptations spécifiques.

Dans l’entretien mené par Jean-Christophe Carius, il soulève une question intéressante : pourquoi créer une nouvelle solution logicielle quand certaines existent déjà ? Il prend l’exemple de Quire, une chaîne d’édition a plusieurs composantes interfacées qui génèrent des livres en différents formats. Cependant pour générer les PDF, ils utilisent Prince XML qui est un logiciel propriétaire et payant. C’est là que l’intérêt de Paged.js s’impose par sa solution libre et gratuite qui produit des PDF à partir de flux HTML, garantissant l’évolutivité libre. 

Nous avions pris contact avec le Getty pour leur demander si nous pouvions explorer la possibilité de remplacer Prince XML par Paged.js. Le Getty s’est montré ouvert à cette idée. Puis, à peu près au moment où nous démarrions, le Getty a annoncé travailler pour mettre Quire en open source, avec une refonte complète et un changement des briques logicielles (Eleventy à la place de Hugo, et Paged.js à la place de PrinceXML… ce qui en réalité correspondait exactement aux choix techniques que nous avions l’intention de faire). Il n’y aurait donc pas eu de sens à travailler sur une solution qui était en cours de refonte, et, dans un hasard de calendriers, nous nous sommes retrouvés à développer notre solution en parallèle et à arriver aux mêmes conclusions, ce qui nous a confortés dans nos choix.4

À travers ce discours on peut constater que les différentes initiatives au sein de la communauté des personnes qui travaillent sur ces problématiques se retrouvent dans une certaines cohérence autour du choix et de la conception des outils. Néanmoins, il est tout même dommageable que la même initiative soit élaborée à deux endroits et temporalités différentes, faute de pouvoir faire force commune. 

> Le design graphique n’est pas libre 
> PrepostPrint 
> Ideologie = innovation
> économiquement viable pour les acteurs

  1. https://presse.louvre.fr/le-premier-livre-multiformat-du-musee-du-louvre/
  2. Taffin Nicolas, Édition multiformat au musée du Louvre, https://inacheve-dimprimer.net/articles/2023-11-28-louvre.html
  3. Carius Jean-Christophe, Repenser le catalogue raisonné à l’ère de l’édition numérique, Entretien avec Camille Sourisse et Benoît Deshayes autour du catalogue raisonné des tableaux d’Antoon Van Dyck au musée du Louvre, 2024. https://numrha.hypotheses.org/15834
  4. Ibid.