▲ Terminé

Lycée Jean Perrin

Rezé. 2014-2016.

Pique-nique littéraire et théâtral | Lecture soufflée | Echappées dans les Théâtres | Rencontre d’artistes | Contribution au Dico du Spectateur

Avec Malaurie Achard, Lisa Custodio, Jeanne David, Fatoumata Gassama, Tiffany Gloaguen, Adria Mondjii, Caroline Morel, Clémence Laniaud, Sarah Ould Ahmed Khalifa, Alexis Mahé, Lisa Ploteau, Julie Quero, Nikita Saulnier, Yohana Sow. Dans le cadre d’un Atelier de création littéraire animé par Carine Cesbron, enseignante, et Joël Kérouanton.

Les lycéens de Jean Perrin (Rezé, 44, France) ont mené des « expériences sensorielles de spectateur », tantôt pour eux-mêmes, tantôt à l’attention d’un public.

Pêle-mêle on y trouvera des écritures autobiographiques de spectateurs, suivi de grignotages de pizzas et autres mets du genre ; la restitution écrite d’un jeu de rôle théâtral sous forme de « bord de scène », suivie d’une tournée de Coca-Cola et autres boissons du genre ; la lecture-correction du manuscrit Myth(e) - roman dansé, suivie de boulimies de Curlie et autre gâteau apéro du genre ; des échappées dans les Théâtres(1) suivi de pauses clopes et autres addictions du genre. Entre ces sorties culturelles, une seule règle du jeu : l’envois de SMS, « C’était trop bizarre ! Suis traumatisé Wajdi [Mouawad] il est fou en fait x) ».

Quand le Théâtre de la ruche (Nantes, 44, France) nous proposera de faire l’interface avec le public à l’occasion du spectacle d’Yves Cusset Rien ne sert d’exister, fallait presque les freiner, ces lycéens, tant leur désir d’essayer était énorme. Alors, entre deux débats sur le savoir-vivre à l’usage des jeunes générations fréquentant les internats (non mixtes) du XXIe siècle, on les suivra. Sens dessus dessous. Autour d’un Quiz donnant lieu à une typologie de spectateurs, d’un atelier Critique du spectateur collectant des paroles de spectateurs suite un Appel au public de la Ruche, d’une Tentative de s’immiscer dans les conversations d’après spectacle, pour saisir, à l’insu de leur plein gré, des impressions de spectateurs sur le vif. Avec les lycéens de Jean Perrin, la fin justifiera les moyens. Pour des raisons de diplomatie, les responsables de cette action pour le moins limite se qualifieront, tenez-vous bien, d’hotesse de conversation.

Leur impatience était si grande qu’ils ont exploré le spectacle Rien ne sert d´exister avant qu’il n’ait lieu. Pressés comme pas deux. On appèlera ça un échauffement du spectateur. Cahin-caha l’échauffement prendra la forme d’une Interview vidéo. Un vrai geste. Qu’on résumera par Conversation-avec-des-vrais-prof-de-philo-avant-un-spectacle-joué-par-un-ex-prof-de philo-en-pyjama (2). D’aucuns demanderont : comment s’y sont-ils pris ? À l’arrache, pardi ! Smartphone pourrave, son trash, coupage de tête et tutti quanti. Même pas peur.

Faire, ils savent. Défaire, refaire, moins. Mais ils savent faire. L’intuition que savoir n’est rien en soi-même et que faire est tout.

Du haut de nos quarante années de spectateur, ça nous a fait rire, cet emballement au faire. Alors on les a suivis. Et ils nous ont suivis. On les a resuivis. Ils nous ont resuivis. Emballés par ce foutu geste de la rature.

Pour le Dico Du Spectateur,

Joël kérouanton
(avec Carine Cesbron)


(1) Grand T, Lieu Unique, Théâtre Universitaire de Nantes, Théâtre de Rezé.
(2) Cette vidéo sera présentée, à l’entrée du Théâtre de la Ruche, avec un texte accompagnateur. D’autre part - et ce n’est pas une moindre information - la vidéo a donné lieu à l’écriture d’une nouvelle définition de spectateur, le Spectateur-Elève.
En lecture dans l’article :
1) Brother, Father ? (restitution d’un jeu de rôle théâtral sous forme de « bord de scène »)
2) Appel au public de la Ruche
3) Rien ne sert d’exister (conversation avec des vrais profs de philo avant un spectacle joué par un ex prof de philo en pyjama)
4) Quiz
5) Critique du spectateur : collecte d’impressions de spectateurs par les élèves après « N’être pas né » (De et par Yves Cusset) - 26 février 2016.
6) Textes de création

1ère mise en ligne le 27 février 2016 et dernière modification le 15 août 2017

© Photos _ Joël Kérouanton

Le mini-dico du spectateur: Lycée Jean Perrin

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  • Captivé

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  • Concentré-sur-le-hors-sujet

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  • E
  • Elève

    Son vrai spectacle, c’est en classe. Des profs-acteurs qui font de la Stand-up comedy. Trente show par s…

  • N
  • Nabila

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  • P
  • Perturbé

    Ne sait pas trop s’il a aimé ou détesté la pièce. Va tenter de comprendre ce qui vient de se passer. N&#…

  • Q
  • Qui-n'aurait-pas-besoin-de-payer-pour-une-psychanalyse

    A aimé l’expérience régressive de l’acteur se badigeonnant de peinture (plaint le professionnel chargé du ne…

  • R
  • Râleur

    En voyage ? Son lit lui manque. Ses fruits préférés ? Les tomates. Le matin ? Coupe son ré…

Contexte & crédits

Les effluves du Lycée Jean Perrin proviennent d’un atelier de création littéraire autour des arts du spectacle initié par l’enseignante Carine Cesbron, en présence de l’écrivain Joël Kérouanton. De septembre 2014 à mai 2016, un à deux soirs par mois. Cet atelier a reçu le soutien du Lycée Jean Perrin, de la DRAC Pays de Loire et du Rectorat Pays de Loire.

PROJET DE L’ATELIER

I. Modalités d’élaboration du projet. Le lycée Jean Perrin de Rezé décline trois axes dans son projet d’établissement, dont l’axe « renforcement de l’ouverture culturelle et internationale ». Trois des objectifs correspondent à ceux développés dans l’atelier proposé : « encourager l’ouverture à la diversité culturelle, favoriser un égal accès de tous les élèves à une culture artistique, faire du lycée Jean Perrin un lieu d”accueil, d’expression, de création et de diffusion ».

II. Le projet. Cet atelier fait suite à une rencontre avec l’écrivain Joël Kérouanton, dans le cadre d’une résidence d’écriture au Lycée expérimental de Saint-Nazaire, résidence qui a notamment abouti à la parution de Balises Xp. Pour l’écriture de ce livre, les membres de ce lycée et l’écrivain sont partis à la rencontre d’artistes invités à Saint-Nazaire et ont dissocié totalement l’intention de l’artiste et notre réception du spectateur, l’effet supposé et l’effet produit. Une démarche qualifiée de « réception créatrice », qui met en avant le regard du spectateur, voire l’art du spectateur. Maintenant que cette expérience a pris fin, il s’agit de s’interroger de la façon dont on peut la prolonger et l’éprouver dans un autre contexte (autre projet d’établissement, autre public, autre enseignant, autre structure culturelle, autre temporalité).

III. Objectifs pédagogiques

1) Définir quel spectateur nous sommes et serons. Le parcours
d’écriture autour des arts du spectacle nécessite une première étape : le repérage collectif de la programmation culturelle sur le territoire, suivi d’une réflexion sur les choix à opérer. Quels spectacles on s’autorise à aller voir ? Sous-entendu : qui nous sommes comme spectateur pour aller voir ça ? L’objectif est d’aller voir trois spectacles - un par trimestre. Il s’agira donc d’amorcer le cycle de travail par discuter/ chercher/éplucher les plaquettes de spectacle afin de réaliser un choix.
Cette première étape permettra en même temps d’amener les élèves à
éprouver un premier rapport créatif au spectacle par l’écriture d’un récit sur le rapport à la plaquette.

2) Écrire nos histoires de spectateur. Il s’agit non moins de recevoir que de créer sa propre histoire de spectateur face au spectacle qui se déroule devant soi. En matière de regard, les possibilités sont pléthores pour sortir du fameux « j’aime/j’aime pas », formuler une critique, une pensée, et dire la poésie : ce qui reste de vivant en nous une fois le spectacle achevé.

3) Donner une vision plastique des ébauches créatives (tatonnement, question, rendu compte du chemin) qui aboutissent à l’écriture de définitions de spectateur. En collaboration avec l’atelier g-u-i.

IV. Organisation / fonctionnement
Nous procéderons en trois étapes :

1) une phase de découverte de la littérature traitant de la réception de spectacle vivant, par des lectures de livres de Joël kérouanton et d’ouvrages choisis faisant suite à des recherches en bibliothèque.

2) une phase de création littéraire, qui se nourrit des spectacles vus (ou imaginé par l’expérimentation des jeux W et notamment «générique »), du « dico du spectateur » de Joël Kérouanton, des ouvrages traitant de la réception de spectacle vivant et des histoires de spectateur échangées par oral, puis posées sur papier avant d’être performées. Cette phase se présente comme une co-recherche, où chacune des parties présentes - l’auteur et
les membres du lycée -, s’alimente mutuellement et s’interrogent : qu’estce qu’un processus de création littéraire, notamment quand il est issu d’une création partagée ?

3) une phase de restitution dans l’amphi du lycée et dans les lieux culturels partenaires, complétée par une publication mise en ligne sur e-lyco : a) un extrait du « dico du spectateur » de Joël Kérouanton, b) le dico des élèves du lycée en work in progress, c) les histoires de spectateur écrites par les participants et l’auteur invité. Cette mise en ligne produira une réflexion
permanente sur la publication : que garde-t-on pour soi et que souhaitons partager ?

V. Valorisation / évaluation : Il s’agira de chercher (et de trouver) des formes vivantes pour représenter ce parcours créatif autour de l’art du spectateur. Nous envisageons des restitutions sous forme de mise en scène ouvertes à tous les élèves et professeurs, dans le cadre de l’amphithéâtre du lycée (150 personnes) et ouvertes au public dans le cadre des partenariats culturels envisagés (Théâtre de la ruche).
Le travail de création des défintions intègrera le site Le Dico Du Spectateur et à terme un réseau social des spectateurs.

VI. Modalité de fonctionnement. L’atelier est à géométrie variable selon le moment de l’année, les temps de création littéraire acceuillent une douzaine de personnes sur des séances longues de trois heures (en soirée), ponctuées de rencontres plus informelles qui permettent de garder le fil de la création.