Democracy

Création 2013 – Festival Mettre en Scène
Deuxième opus du projet TO BANG ON A CAN

Conception et chorégraphie Maud Le Pladec
Musiques Julia Wolfe (Dark Full Ride), Francesco Filidei (SILENCE=DEATH, création originale), TaCTuS (séquence d’introduction)
Interprètes Olga Dukhovnaya ou Maria Ferreira Silva, Julien Gallée-Ferré ou Nicolas Diguet, Corinne Garcia, Mélanie Giffard, Simon Tanguy ou Steven Michel
Musique live Ensemble TaCTus (Ying-Yu Chang, Paul Changarnier, Quentin Dubois, Pierre Olympieff)
Scénographie lumières Sylvie Mélis
Création costumes Alexandra Bertaut
Assistant musical Gaël Desbois
Documentation Youness Anzane
Régie générale Fabrice Le Fur
Assistant création lumières et régie lumières Nicolas Marc
Régie son Vincent Le Meur
Création décors Vincent Gadras
Remerciements Katerina Andreou, Nicolas Couturier, Jung Ae Kim, Konstantin Lipatov, Julie Pareau, et tous les membres de l’association Léda

«  J’ai envie de travailler sur ce quatuor de batteries de Julia Wolfe depuis longtemps. Il y a quelque chose d’assez révolutionnaire dans l’énergie de ce morceau. Julia Wolfe y utilise l’instrumentarium des défilés, des réunions, des manifestations politiques. Je travaille sur la démocratie, pas la démocratie dans la définition réduite à son cadre politique (…) mais la démocratie « insurgente » qui œuvre pour la dissolution des certitudes, la revendication de l’égalité comme résistance civique. Le travail est nourri par des idées comme celles de l’épreuve de l’indétermination ou l’idée d’une communauté problématisante, ce que j’appelle le « Tous-Uns ». Mais aussi, comment une décision individuelle ouvre la possibilité d’une action collective ? Pour quoi œuvre-t-on, contre quoi ? A quoi donne-t-on son consentement ? Faut-il désobéir en démocratie ? Comment construire une communauté polémique ? La résistance au pouvoir définit-elle la condition de l’expérience démocratique ? Qu’est-ce que c’est qu’une démocratie sauvage ? (…) »
Maud Le Pladec

« Qu’y a-t-il de plus libérateur et de plus contraignant pour un corps que d’être confronté à un rythme ? S’y abandonner, s’y glisser, s’y soumettre, s’en défaire, y trouver sa place, le transformer de l’intérieur… C’est au cœur de ce paradoxe que Maud Le Pladec a placé le moteur de sa création – comme une machine chorégraphique dont s’échapperaient des questions subjectives et politiques. Poursuivant ses recherches sur la musique contemporaine, elle est allée puiser dans La démocratie contre l’état de Miguel Abensour une source d’indétermination et de débordement, transformée en réflexion sur les modes d’être ensemble. Dépliant les enjeux scénique de sa question, elle a ensuite branché cette pensée en acte sur la force perturbatrice de la pièce Dark Full Ride de Julia Wolfe : une cavalcade débridée de toms, de cymbales et de grosses caisses, conjuguant la puissance du rock et les principes de répétition et d’infimes variations de la musique post-minimaliste. Prolongée par la partition composée en écho par Francesco Filidei et interprétée sur scène par l’ensemble TaCTuS, la musique forme un socle et un écrin : tissu vivant qui enveloppe les danseurs ou les expulse, les enserre, les intensifie ; appareil qu’ils font dérailler, dont ils s’approprient et dérèglent les rouages.
Soumise à cette pression de peaux et de muscles, de coups et de pas, la scène devient surface d’échange où transitent et se déploient des figures, comme autant d’allégorie de l’invention politique : d’échappées collectives en situations conflictuelles, d’incarnations singulières en rencontres accidentelles, des réseaux de sens et de références s’entremêlent, laissant transpirer l’idée d’une démocratie insurgente, vectrice d’utopie. Entre chaos et équilibre des forces, partition scrupuleuse et débordement vital, Democracy propose une danse chargée – d’états, d’idées, de rythmicités – et se fait le support d’une communauté polémique où danseurs et batteurs œuvrent à défaire les places établies. Tour à tour isolés, festifs, occupés, décuplés, entraînés, dispersés, solidaires, leurs corps transportent les ferments d’une démocratie sauvage ».
Gilles Amalvi

Production Association Léda, Centre chorégraphique national d’Orléans # Coproduction Théâtre National de Bretagne, Mettre en Scène 2013 (Rennes), Les Subsistances (Lyon), Maison de la Danse / Biennale de la danse de Lyon, dans le cadre de modul-dance, programme Culture de l’Union Européenne, Théâtre Paul Eluard-tpe, scène conventionnée de Bezons dans le cadre de la permanence artistique de la Région Ile de France, Tanzquartier (Vienne, Autriche), CCN de Caen / Basse Normandie, Direction Héla Fatoumi – Eric Lamoureux dans le cadre de « l’Accueil Studio » / Ministère de la Culture et de la Communication, CCN de Franche-Comté à Belfort dans le cadre de « l’Accueil Studio » / Ministère de la Culture et de la Communication / DRAC Franche-Comté, CDC PARIS RESEAU / Centre de développement chorégraphique (Atelier de Paris-Carolyn Carlson, L’étoile du nord, micadanses-ADDP, studio Le Regard du Cygne-AMD XXe) # Avec le soutien de : Modul-dance/Programme Culture de l’Union Européenne, ministère de la Culture et de la communication – DRAC Bretagne, Région Bretagne, Ville de Rennes, Spedidam, Arcadi # Avec l’aide à la production et à la diffusion d’Arcadi # Remerciements au Musée de la danse / CCNRB (Rennes), Centre National de Danse Contemporaine (Angers, direction Emmanuelle Huynh, 2012) et au Centre National de la Danse (Pantin), pour le prêt de studio # Maud Le Pladec a été lauréate du programme « Hors les Murs » de l’Institut Français en 2013 pour une recherche autour du collectif de musique contemporaine Bang on a can.